Vendredi soir. Il est 20h40. Toute la
Suisse romande a les yeux rivés sur le petit écran. La Suisse quoi? Ah oui, une petite explication s'impose pour mes amis français. Au pays du chocolat, ceux qui parlent le
Suisse-allemand, on les appelle simplement les suisses-allemands. Par contre, pour ceux qui parlent le français, on les nomme les Suisses-Romands.
Bref, je disais donc, toute la
Suisse romande a les yeux rivés sur le petit écran, puisque la série cultissime "Desperate Housewives" débarque enfin, pour le plus grand plaisir de toutes celles et ceux qui ne l'ont pas encore acheté en DVD. Oui, la première saison complète est sortie en DVD fin 2005. Et tous les accros de ma race l'ont bien entendu acheté, comme tout bon consommateur docile que nous sommes, appuyant sur un levier pour faire tomber le millet. C'est dire si cette première giclée n'est plus très fraîche.
Mais bon, nous, pauvres petits hélvètes que nous sommes, avec nos 2 chaînes en français, une fois de plus on se rincent l'oeil devant la boîte à images bien avant les descendants des sans-culotte. Il faudra attendre encore jusqu'à mardi prochain pour qu'M6 propose à ses fidèles téléspectateurs de faire la connaissance des 4 irrécupérables déesses qui hantent désormais la sortie du
tube cathodique. Et oui TF1, dans l'cul. Car "Desperate Housewives", c'est bien plus qu'une série, c'est un concentré de remonte-audimat exceptionnel qui fait pêter les ordis de
Médiamétrie.
La recette du succès Crée par
Marc Cherry, "Desperate Housewives" dépeint avec ironie la vie de Lynette, Bree, Susan et Gabrielle, à la suite de l'incompréhensible suicide de leur amie Mary Alice. Elles vivent dans le paisible quartier résidentiel de Wisteria Lane. Le petit quartier typique, avec les jolies pelouses accompagnées du pft..........pft..........pft..........pf..pf..pf..pf..pf..pf...de l'arrosage automatique, sans oublier le lanceur de journaux. Mais derrière ce rève américain se cache de terribles et innavouables secrets. Toute la trame de l'histoire tourne autour de ces désesperées de la vie, ainsi que de leur famille. Et bien sûr, certain(e)s voisin(e)s sont présent pour semer le trouble au sein de cette communauté "tranquille".
On y retrouve un savant mélange d'ingrédients déjà utilisés dans la fabrication d'une autre série culte: "
Six Feet Under", dont la saison 5, la dernière, vient de sortir en DVD. Mais "Desperate Houswives" nous présente une plus forte dose d'intrigue, de mystère, d'humour rose et noir, de sarcasmes et de dérision à l'intérieur d'un scénario bien ficelé et accrocheur en crescendo, plus l'histoire avance. Une critique de la société contemporaine. Et pas seulement américaine. C'est d'ailleurs au pays de l'Oncle Sam que ce soap-opera grinçant et moqueur connaît un succès record depuis déjà bien longtemps.
A ce rythme-là, le
Superbowl n'aura bientôt plus raison d'être.
Superbowl qui entre parenthèses réuni chaque année plus de 80 million d'américains devant leur poste, pour 60 minutes de jeu et 30 minutes de publicité, avec une consommation totale de 14'500 tonnes de chips, trempés dans 3'600 tonnes de Guacamole...et on s'étonne d'un fléau nommé obesité...
La recette de "Desperate Housewives" est nettement plus digeste, en plus d'être efficace pour combler les carences télévisuelles.
Un casting des plus brillants

La talentueuse
Felicity Huffman, alias Lynette, mariée, 4 enfants, un mari absent. Elle passe ses journées à courir après ses terroristes en culotte courte. Elle regrette d'avoir quitté son travail pour se vouer à la "vie" de femme au foyer.
Felicity Huffman est une actrice primée, et qui le mérite. On la retrouve dans le chef d'oeuvre de comédie dramatique "
Transamerica", où elle incarne avec grand talent le rôle d'un transsexuel qui apprend qu'il a un fils qui aimerait le retrouver. On l'a également entre-aperçu dans des épisodes de "
Frasier", un épisode d'"
X-Files". Elle avait aussi un petit rôle dans le chef-d'oeuvre de
P.T. Anderson, "
Magnolia", qui pour moi est le plus beau film au monde.

La ravissante
Eva Longoria tient là le rôle de Gabrielle, un ex-mannequin qui attache une importance non négligeable au portemonnaie de son époux qu'elle trompe avec le jardinier mineur. Elle le vaut bien, dans la réalité, c'est la femme à
Tony Parker, le basketteur français évoluant en
NBA. Avec cette phrase, vous avez bien entendu compris qu'on la connaît de par une grande marque de cosmétiques. Elle était également présente sur le tournage d'un opus de "
Beverly Hills 90210" et, pire encore, dans plusieurs épisodes de "
The young & the restless", aka "
Les feux de l'amour".

La grande
Marcia Cross incarne Bree, une fée du logis prisonnière de ses névroses, avec son colier de perles de bourgeoise campagnarde, sa coupe de cheveux statique et son sourire de pub pour détergeant. Elle vit une relation stérile avec son mari Rex qui a de la peine à rester au pied, et ses deux enfants.
Marcia a débuté dans des soaps tels que
"The Edge of Night"(1956),
"Knots Landing" (1979) ou encore
"One Life to Live". On l'a aussi entrevu dans les séries pour adolescentes annorexiques et boutonneuses que sont "
Melrose place" et "
Everwood".

Et enfin, l'amusante
Teri Hatcher que l'on retrouve dans la peau de Susan. Divorcée, elle habite avec sa fille qui s'occupe d'elle, et non le contraire. Elle est incroyablement maladroite et se trouve être une plaie en ce qui concerne l'art culinaire. Elle rate même les maccaronis au fromage. On ne se moque pas, mais avant de se retrouver aux côtés de Superman dans "
Loïs & Clark", elle tenait le rôle de Penny Parker, la gourde qui apparaissait de temps à autres aux côtés de
Richard Dean Anderson dans une série dont le style est désormais révolu: "
Mac Gyver".
Quatre poules aux oeufs d'or Côté merchandising et le liquide qui en découle, les producteurs de "Desperate Housewives sont bien loin d'être désesperés. La génération née aux alentours de
1979 (nettement moins érotique que la '
69) se souvient surement de "
He-Man", que nous appelions plus communément "
Musclor". Et bien ce dessin animé avait été crée dans le seul but de vendre des figurines.
Dans un autre style, mais tout aussi efficace, on se souvient aussi des figurines "
Star Wars". Là, le réalisateur mais aussi business man
George Lucas avait simplement proposé aux producteurs qu'il ne touche rien des bénéfices du film, mais uniquement de ceux issus de la vente des dites figurines. Ils se sont bien marrés en entendant cette idée grotesque. Et bien aujourd'hui, ils s'en mordent toujours les doigts puisque
George à rafflé un bien plus grand pactole que ses investisseurs.
Avec "Desperate Housewives", ça va plus loin.
Le site officiel de la série propose plus de 470 vêtements, chaussures, ainsi que divers objets que l'on voit apparaître à l'écran. On peut de ce fait, épisode par épisode, se procurer la garderobe complète de chaque personnage. Mieux, ou pire encore, à condition de gagner un peu plus que le SMIC, il est possible de participer à des enchères en ligne qui permettent de se procurer les robes et jupes portées par les actrices lors des tournages. Et tout ça, c'est sans compter les 37 produits dérivés classiques tels que les posters, les porte-clefs, les mugs, ou en un peu plus original, les gants de cuisine.
Reste maintenant à savoir si les Suisses vont adopter les héroïnes de Wisteria Lane chez eux. Vont-ils être pris de la frénésie qui m'a déjà envahie, ainsi que bien des peuple jusqu'à présent? On ne va pas tarder à le savoir...
Bon j'vous laisse, ça commence. Ou plutôt, dans mon cas, ça re-re-re-re-recommence...
Qqch à dire?